Portail Wallonie.be| Portail Environnement| Fédération Wallonie-Bruxelles
Comarquage : intégrer cette page dans votre site

La processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea)

La chenille processionnaire du chêne poursuit son extension en Wallonie. Avec ses poils urticants dispersés avec le vent, elle représente un risque pour la santé humaine.
Elle n'est présente que sur le chêne. En cas d'observation, contactez votre commune. Ne vous attaquez pas aux chenilles vous-mêmes.

Contact

Je suis un citoyen

Votre commune est le point de contact central dans la lutte contre la chenille processionnaire. Contactez-la dès que vous avez observé un nid.

En cas de symptômes médicaux graves, contactez le 112.

L'abattage de l'arbre n'est pas une solution recommandée. Après contact avec la commune, consultez la liste des sociétés d'éradication de la processionnaire.

Plus d'infos sur la chenille et les risques pour la santé :

DémarcheCitoyen-Lutter contre la propagation

DémarcheCitoyen-S'informer sur les risques pour la santé

Je suis un(e) commune/zone de secours/professionnel de la forêt

Uniquement pour les communes/zones de secours : chenilleprocessionnaire@spw.wallonie.be

Uniquement pour les cas forestiers: contactez votre correspondant-observateur local sur le site de l'Observatoire Wallon de la Santé des Forêts (OWSF)

Identification

La chenille possède un corps caractéristique. La tête est brune ou noire. Le corps possède des flancs blancs avec de longs poils argentés. Chaque segment du corps possède sur sa face dorsale une plaque brunâtre.

processionnaire identification

Identifier la chenille en 3 questions

1)      Les chenilles sont-elles présentes et s'alimentent-t-elles sur le chêne ? La processionnaire est spécifique au chêne. Si la chenille est présente sur une autre essence, haie, abri de jardin... il s'agit probablement d'une autre espèce de chenille.

2)      Les chenilles sont-elles groupées ou en procession ? Les chenilles processionnaires vivent et se déplacent en groupe.

3)      Observez-vous un nid soyeux sur l'arbre ? Les chenilles s'abritent dans un nid accroché au tronc ou aux branches charpentières.

Si au moins deux de ces caractéristiques sont rencontrées, il est probable que vous soyez confrontés à la chenille processionnaire du chêne.

Les risques de confusion les plus fréquents

Les hyponomeutes

Ces chenilles sont présentes sur de nombreuses essences (fusain, prunus, saules,...) dans les jardins, sur les arbres et les haies. Elles tissent des toiles de grande taille qui peuvent recouvrir parfois plusieurs arbres. Les chenilles ne possèdent pas de poils et ne se déplacent pas en procession.

processionnaire confusion hyponomeuthe

Le bombyx disparate

Le bombyx disparate ( Lymantria dispar ) est souvent confondu avec la chenille processionnaire à cause de ses longs poils. Cette chenille n'est absolument pas urticante . Elle est désagréable à manipuler mais ne représente aucun risque excepté la défoliation. Elle préfère les chênes mais peut s'attaquer à d'autres feuillus.

Elle possède 5 paires de verrues bleues et 6 paires de verrues rouges (visibles sur la photo de gauche).

processionnaire confusion cul-brun

Aller plus loin- Biologie de la processionnaire

La processionnaire du chêne se développe à raison d'une génération par an. Le papillon pond ses œufs entre mi-juillet et août. De septembre à février ou mars, l'insecte hiverne sous forme d'œufs localisés dans la partie supérieure du houppier sur les fines branches des arbres bien dégagés. Les pontes sont orientées sud. Le nombre d'œufs par ponte peut varier de 30 à 300 œufs. Les plaques de ponte mesurent quelques centimètres de long.

Les œufs éclosent aux alentours d'avril. Les chenilles apparaissent avant le débourrement des chênes. Elles peuvent rester en quiescence sans s'alimenter jusqu'à l'apparition des feuilles. Elles doivent ensuite s'alimenter en continu. L'ensemble des larves émergent de manière synchronisée et les chenilles vivent en colonies. Une colonie est généralement issue d'une même ponte. Les chenilles ont une activité essentiellement nocturne.

processionnaire éclosion

Six stades larvaires vont se succéder durant 2 à 3 mois. A partir du troisième stade, elles sont capables de libérer des centaines de milliers de poils très urticants (0,2-0,3 mm) contenus dans de petites poches dorsales sur l'abdomen.

Les chenilles se déplacent en processions entre les nids et les branches où elles se nourrissent. Un fil de soie court le long du chemin de procession. L'activité de nutrition est crépusculaire ou nocturne. Au repos, les chenilles séjournent dans des nids de soie localisés sur le tronc ou sous les branches charpentières. Elles s'alimentent des feuilles du chêne, ou des chênes voisins, jusque fin juillet.

nids processionnaires

Les chenilles tissent un nid plus résistant à la fin du cinquième stade. Le nid est composé de fils de soie ainsi que de déjections et d'exuvies. Dans les cas de pullulations importantes, les nids peuvent dépasser le mètre de longueur. La nymphose se produit en juillet dans ces nids. Les papillons sont observables 30 à 40 jours après le début de la nymphose (juillet-août). Ces papillons nocturnes ont une durée de vie très courte de l'ordre d'un ou deux jours durant lesquelles les pontes vont se produire.

processionnaire cycle

 

Santé humaine

Promeneurs, cyclistes, professionnels du jardin et de la forêt ou encore riverains des zones infectées peuvent entrer en contact avec les poils de la chenille et subir des risques pour leur santé.

Les poils de la chenille processionnaire provoquent une réaction urticante ou de l'urticaire, une éruption cutanée douloureuse avec de fortes démangeaisons. Une intervention médicale est souvent nécessaire

La plupart des symptômes sont dérangeants et peuvent être traités de manière symptomatique. En cas de vomissements, de vertige et de fièvre, il est conseillé de se rendre à l'hôpital.

Les personnes entrant souvent en contact avec les chenilles processionnaires ont des symptômes de plus en plus importants. Dans les cas graves, un choc anaphylactique peut mettre la vie en danger.

Les animaux (par exemple les chiens) peuvent eux aussi souffrir des poils urticants des chenilles.

En cas de problème grave, nous vous recommandons de faire appel aux services d'urgences (112) ou au centre antipoison (070/245.245).

En cause: des poils urticants (semés par le vent)

Les poils urticants de la chenille processionnaire se terminent en pointe et portent à leur extrémité de petits crochets, qui leur permettent de s'accrocher facilement . Ils se détachent facilement de la chenille lors d'un contact ou sous l'effet du vent.

Les poils mesurent de 0,2 à 0,3 millimètres. Cependant, chaque chenille possède des centaines de milliers de poils qui peuvent s'accrocher aux tissus (la peau et les muqueuses).

Les poils apparaissent sur les chenilles aux alentours de la mi-mai et jusqu'à la fin du mois de juin. Les poils restent présents, même après le départ des chenilles , car les nids restent également présents. Après des années, ces nids peuvent encore poser des problèmes.

Les poils urticants ne sont pas les grands poils visibles sur la chenille mais bien ceux, microscopiques, que les chenilles âgées (3 ème stade ou plus) expulsent de poches abdominales lorsqu'elles sont menacées.

Prévention: conseils aux riverains

Les poils urticants sont facilement dispersés par le vent . Dans les régions où sévissent les chenilles, certaines précautions sont recommandées :

  • Ne pas sécher le linge dehors de mai à septembre.
  • Laver soigneusement les légumes du jardin.
  • Arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils urticants soient entraînés dans le sol.
  • Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre atteint. A distance, les munir de vêtements à longues manches, de pantalons, d'un couvre-chef et éventuellement de lunettes.

Prévention: conseils aux professionnels

Les personnes précédemment atteintes par la chenille processionnaire et celles qui, par leur profession, fréquentent des lieux infestés doivent éviter tout nouveau contact. Des réactions de plus en plus sévères sont à craindre.

L'éviction peut se faire par le port de vêtements de protection : gants et bottes de caoutchouc, combinaison de protection étanche, masque et lunettes anti-poussières.

Symptômes en cas de contact

  • Contact avec la peau : apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les parties découvertes de la peau mais aussi sur d'autres parties du corps. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements.
  • Contact avec les yeux : développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants). Quand un poil urticant s'enfonce profondément dans les tissus oculaires, apparaissent des réactions inflammatoires sévères avec, dans de rares cas, évolution vers la cécité.
  • Contact par inhalation : les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires dues à un bronchospasme (rétrécissement des bronches comme dans l'asthme).
  • Contact par ingestion : il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.

Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire présente des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact. Dans les cas sévères, il peut y avoir un choc anaphylactique mettant la vie en danger (urticaire, transpiration, œdème dans la bouche et la gorge, difficultés respiratoires, hypotension et perte de connaissance).

Les animaux de compagnie et le bétail sont également vulnérables par contact, voire ingestion.

Traitement - Premiers soins

Les premiers soins en cas de contact avec les chenilles processionnaires dépendent du type de contact et de la gravité des symptômes.

  • En cas de symptômes généraux

Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital.

  • En cas de contact avec la peau

·         Ôter tous les vêtements et les manipuler avec des gants. Les vêtements seront lavés à température la plus élevée possible et séchés au séchoir.

·         Laver la peau abondamment à l'eau et au savon.

·         On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation. Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire.

·         Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Consultez un médecin en cas de forte éruption cutanée.

  • En cas de contact avec les yeux

·         Les yeux doivent être rincés, de préférence chez un ophtalmologue après application d'une solution anesthésique locale.

·         Après le rinçage, un examen minutieux des yeux exclura la présence de poils urticants résiduels.

·         Les poils profondément ancrés dans les tissus oculaires doivent être ôtés chirurgicalement.

  • En cas de contact avec les voies respiratoires

·         L'évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes. Le traitement comporte des antihistaminiques et/ou des corticoïdes et des aérosols ou des nébulisations.

  • En cas d'ingestion

·         Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d'eau. On peut tenter d'enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l'aide d'une spatule ou d'une compresse ou en les "épilant" à l'aide de papier collant.

·         Une endoscopie sous anesthésie générale est souvent nécessaire pour extraire les poils urticants profondément ancrés dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou de l'œsophage.

Santé des forêts

Impact variable selon les stations

L'impact de la chenille sur les arbres peut être variable. Les défoliations, même si elles sont totales, n'engendrent pas la mort des arbres. En association avec l'oïdium, l'impact de la processionnaire est encore accru.

Les individus situés sur de bonnes stations et rencontrant des conditions climatiques favorables ne subiront pas grands dommages. Le principal effet sera une réduction de la croissance durant l'année concernée.

Les conséquences pour les arbres affaiblis peuvent être beaucoup plus importantes. Dans tous les cas, la répétition des défoliations constitue un facteur prédisposant l'arbre concerné à des attaques de ravageurs ou de pathogènes secondaires.

L'enchaînement de ces différents événements peut conduire au dépérissement de l'arbre attaqué voir du peuplement si la chenille se répand.

Le principal risque reste lié à la santé animale et humaine.

Détecter le nid soyeux

Le symptôme le plus visible de la chenille processionnaire reste la présence de nids soyeux sur l'écorce. Ils peuvent être situés depuis la base du tronc jusque dans le houppier. Leur couleur peut varier du blanc en début de saison à une couleur jaunâtre voire brune après le départ des insectes.

Les nids sont le plus souvent localisés sous des branches charpentières ou d'un diamètre relativement important. Les chenilles se déplacent en procession entre leur nid et le houppier.

Défoliations invisibles au début

Les chenilles se nourrissent entre avril et juillet. Elles engendrent des défoliations parfois importantes. La pousse de la saint-Jean peut également être impactée vu la longue période de nutrition des chenilles. Toutefois, dans les premières années d'apparition de l'insecte, les défoliations du houppier peuvent passer inaperçues. Les chenilles peuvent également consommer les inflorescences en cas de débourrement tardif ou de feuillage insuffisamment développé.

Les gradations de processionnaires s'étalent sur une période de 3 à 5 ans. La progression des populations sur les premières années est constante. A la fin du cycle, les populations s'effondrent rapidement suite à l'action de prédateurs naturels. Les populations redescendent ensuite à un niveau endémique. Les dommages deviennent souvent très faibles à ce stade et les chenilles sont rarement observées jusqu'à la gradation suivante.

processionnaire defoliation

L'action des chenilles processionnaires ne diffère pas de celle des autres défoliateurs. Elle conduit à la réduction du feuillage et donc à une diminution de la capacité photosynthétique de l'arbre touché. En phase de pullulation, la défoliation peut être totale.

Localisation

La carte ci-dessous reprend les localisations confirmées de l'insecte. Cette carte n'est pas exhaustive mais délimite la zone de présence de l'insecte.

Mise à jour 10/07/2020

carte processionnaire

Lutte

La lutte contre la processionnaire à grande échelle sur notre territoire ne semble plus possible actuellement. Depuis 2018, l'insecte a colonisé une partie importante de notre territoire. Une tentative d'éradication demanderait des efforts très importants pour un résultat très incertain.

CITOYENS- En cas d'observation d'un foyer : contacter la commune

Suite au contact avec la commune, c'est au propriétaire du terrain à prendre les mesures adéquates (information au public, fermeture de zone ou destruction).

Lorsqu'un nid de chenilles processionnaires est repéré sur un terrain privé, il appartient au propriétaire du terrain de contacter une société spécialisée afin de faire détruire le nid à ses frais.

Si le phénomène s'étend sur le territoire communal et provoque une atteinte à la sécurité et à la salubrité publique, les autorités communales devront prendre les mesures nécessaires  pour l'éradication du nid (intervention des services techniques communaux ou d'une firme spécialisée).

OPERATEURS-Moyens d'intervention

Préserver la santé des intervenants et celle des habitants situés à proximité du/des nid(s) à détruire est primordiale.

La destruction par le feu et l'enlèvement mécanique sont les deux méthodes préconisées car elles permettent de supprimer les poils urticants.

Pour connaître les différents moyens de lutte, la procédure ainsi que les EPI (équipements de protection indiduelle) indispensables lors d'une opération, consultez le document «PDF Intervention processionnaire (PDF-311 ko)»

L'abattage des arbres n'est en aucun cas une solution.

Info-Communes

La commune est le point de contact central dans la lutte contre la chenille processionnaire.

Le Service Public de Wallonie a mis en place différentes mesures pour vous aider à faire face à cette problématique et celles-ci vous ont été présentées lors des webinaires « chenille processionnaire » organisés du 18 au 29 mai 2020. Pour les communes n'ayant pas eu l'occasion de suivre la formation, le rôle des communes ainsi que les procédures liées sont à consulter dans le document ci-dessous «PDF rôle des communes et procédures à suivre (PDF-213 ko)»

Une question ?

Contactez le « guichet unique » pour les communes et les zones de secours par mail : chenilleprocessionnaire@spw.wallonie.be

Schéma d'intervention : qui est responsable de la lutte ?

Qui agit ? Quelles interventions sont possibles ? Téléchargez le document « PDF Communes - Schéma d'intervention (PDF-293 ko) » afin d'obtenir toutes les infos expliquées également ci-dessous.

Lorsqu'un nid de chenilles processionnaires est repéré, il appartient au propriétaire du terrain de prendre les mesures nécessaires (information, fermeture de zone ou destruction) afin de réduire le risque pour la santé humaine et de limiter les nuisances pour les activités humaines.

schéma processionnaire intervention

Si la destruction du nid est nécessaire, la circulaire ministérielle du 05 mars 2009 précise que lorsque celui-ci est « repéré sur un terrain privé, il appartient au propriétaire du terrain de contacter une société spécialisée afin de faire détruire le nid à ses frais » .

Cette circulaire précise également que « si le phénomène s'étend sur le territoire communal et provoque une atteinte à la sécurité et la salubrité publique, les autorités communales devront prendre les mesures nécessaires pour procéder à l'éradication du nid. Elles peuvent pour ce faire demander l'intervention des services techniques communaux ou d'une firme spécialisée » .

Les zones de secours interviennent uniquement sur domaine public et pour les situations urgentes. Pour une bonne collaboration entre les autorités communales et les zones de secours, il convient de s'accorder préalablement sur les modalités de cette collaboration.

Gestion des nids: 3 niveaux d'intervention en fonction du risque

La destruction des nids ne doit pas être systématique. Une analyse préalable de la situation est nécessaire pour évaluer l'impact sur les activités humaines ainsi que sur la santé humaine et animale.

En fonction du niveau de risque, trois niveaux d'intervention de l'acteur responsable sont possibles

1) Si risque faible :

- Moins de 5% des arbres touchés

- Pas de présence de nids à proximité des activités humaines

- Pas de risque de contact direct

Intervention liée : Information du public (facultative)

2) Si risque modéré

- 5 à 10 % des arbres touchés

- Pas de présence de nids à proximité des activités humaines

- Pas de risque de contact direct

- Attention nécessaire pour les personnes à risque allergie

Intervention liée: Information du public (recommandée)

3) Si risque élevé

- Plus de 10 % des arbres touchés

- Présence à proximité des activités humaines

- Risque de contact direct avec les nids

Intervention liée : Fermeture de la zone OU Destruction des nids

Auteur :
Mis en ligne le - Mis à jour le 10/07/2020